Apaiser la blessure de l’humiliation

Regardons tout d’abord ensemble ce que veut dire le mot « humiliation » : action de se sentir abaissé, de s’abaisser ou d’abaisser quelqu’un d’autre outrageusement.

Les synonymes de ce mot sont : abaissement, honte, mortification, vexation, dégradation. 

COMMENT SE CRÉE LA BLESSURE D’HUMILIATION?

Cette blessure commence à se faire sentir ou se réveille entre l’âge de un et trois ans. 

La  blessure d’humiliation est surtout rattachée au monde physique, celui du avoir et du faire. Elle s’éveille au moment du développement des fonctions du corps physique, période où un enfant normal apprend à manger seul, à être propre, à aller aux toilettes seul, à parler, à écouter et à comprendre ce que les adultes lui disent, etc.

L’éveil de la blessure se produit au moment où l’enfant sent qu’un de ses parents a honte de lui ou a peur d’avoir honte lorsqu’il est sale, quand il fait un dégât (surtout en public ou en famille), lorsqu’il est mal habillé, etc. Quelle que soit la circonstance qui amène l’enfant à se sentir abaissé, dégradé, comparé, mortifié ou honteux au niveau du physique, la blessure s’éveille et prend de l’ampleur. 

Prenons l’exemple du bébé qui a joué avec son caca et en a mis partout dans sa couchette ou a fait une autre sorte de dégât dégoûtant. La blessure s’éveille lorsqu’il entend sa mère raconter ce qui s’est passé à son père en le traitant de « petit cochon ». Même lorsqu’il est très jeune, le bébé peut sentir le dégoût chez ses parents et se sentir humilié et honteux.

 Je me souviens d’un cas en particulier lorsque j’avais six ans et que j’étais pensionnaire au couvent. Nous couchions toutes ensemble dans un grand dortoir et lorsqu’une petite fille faisait pipi au lit, la surveillante l’obligeait à se promener dans les classes le lendemain avec son drap taché sur le dos. En l’humiliant et en la mortifiant de la sorte, la surveillante croyait que ça ne se reproduirait plus. Nous savons tous que c’est le contraire qui arrive. Ce genre d’humiliation aggrave la situation. Tout enfant ayant une blessure d’humiliation à régler et qui vit une telle expérience verra sa blessure s’accentuer. 

Le domaine de la sexualité apporte aussi son lot d’humiliation potentielle. Par exemple, lorsque maman surprend son petit garçon en train de se masturber et qu’elle s’exclame en disant : « Petit cochon, tu n’as pas honte? On ne fait pas ça! », l’enfant se sent mortifié, honteux et connaîtra plus tard des difficultés dans le domaine de la sexualité. 

Si l’enfant surprend un de ses parents nu et qu’il sent ce parent mal à l’aise, car il cherche à se cacher, il apprend qu’on doit avoir honte de son corps. Cette blessure peut donc être vécue dans différents domaines selon ce qui s’est passé entre l’âge de un et trois ans. 

L’enfant se sent abaissé s’il se sent très contrôlé par un parent, s’il trouve qu’il n’a pas la liberté d’agir ou de bouger comme il veut au niveau physique. Par exemple, un parent dispute et met en pénitence son enfant qui est allé jouer dans la boue avec ses vêtements propres juste avant l’arrivée des invités. Si les parents racontent l’incident aux invités devant l’enfant, l’humiliation deviendra encore plus forte. Ce comportement peut faire croire à l’enfant qu’il dégoûte ses parents. 

Il se sent alors humilié et a honte de son propre comportement. 

Par contre, il est fréquent d’entendre des personnes souffrant de cette blessure raconter toutes les choses interdites qu’elles ont accomplies étant jeunes et adolescentes. C’est comme si elles recherchaient des situations pour vivre de l’humiliation

Contrairement aux quatre autres blessures, vécues avec un parent spécifique ou la personne qui a joué le rôle de ce parent, la blessure d’humiliation est le plus souvent vécue avec la mère. Elle est cependant vécue avec le père quand il exerce le contrôle et joue le rôle de mère en montrant à l’enfant comment être propre, etc. Il est possible également que la blessure d’humiliation soit reliée à la mère dans le domaine de la sexualité et de la propreté, et au père, dans le secteur de l’apprentissage, de l’écoute et de la parole. Dans ce cas, il y aurait donc lieu de régler avec les deux parents.

LA BLESSURE D’HUMILIATION SUR LE PLAN COMPORTEMENTAL

L’enfant qui vit de l’humiliation se créera le masque de MASOCHISTE. Le masochisme est le comportement d’une personne qui trouve de la satisfaction et même du plaisir à souffrir. Elle recherche la douleur et l’humiliation la plupart du temps de façon inconsciente. 

Elle s’organise pour se faire mal ou se punir avant que quelqu’un d’autre ne le fasse. 

Même si j’ai mentionné que l’humiliation ou la honte que peut vivre le masochiste se situe dans les domaines du avoir et du faire, il peut lui arriver de faire des pieds et des mains pour arriver à être comme les autres voudraient qu’il soit; mais, c’est ce qu’il fait ou ne fait pas ou ce qu’il a ou n’a pas qui déclenchera sa blessure d’humiliation. J’ai aussi remarqué que faire et avoir des choses deviennent des moyens pour compenser la blessure.

Cependant une personne peut vivre une expérience de honte ou d’humiliation sans que la blessure d’humiliation ne soit réveillée. D’un autre côté, une personne masochiste peut vivre une expérience de rejet et se sentir humiliée plutôt que rejetée. Il est vrai que les cinq types de personnes, dans cette étude de caractère, peuvent avoir honte surtout si elles sont prises en flagrant délit à faire vivre aux autres ce qu’elles ont peur de vivre elles-mêmes. Par contre, il semble que ce soit la personne avec la blessure d’humiliation qui a honte le plus souvent.

COMMENT AGIT LA BLESSURE D’HUMILIATION SUR LE PLAN ÉMOTIONNEL?

La liberté est très importante pour le masochiste. Être libre pour lui signifie qu’il n’a de compte à rendre à personne, qu’il n’est pas contrôlé par personne et qu’il fait ce qu’il veut quand il veut. Plus jeune, le masochiste ne s’est pas senti libre la plupart du temps, surtout avec ses parents. Ces derniers ont pu, par exemple, l’empêcher d’avoir les amis qu’il aurait voulu fréquenter, de pouvoir sortir à sa guise, etc. ou lui donner plusieurs tâches ou responsabilités à la maison, comme s’occuper des autres enfants.

Je dois préciser par contre qu’il est porté à se créer lui-même des obligations, plus souvent qu’autrement. Lorsqu’il s’estime libre et qu’il sent que personne ne lui met des bâtons dans les roues, il s’éclate, vit sa vie à fond : il n’a pas de limites. À ce moment, il tombe dans le trop dans plusieurs domaines de sa vie. Il mange trop, il achète trop de nourriture, il cuisine trop, il boit trop, il en fait trop, il veut trop aider, il travaille trop, il dépense trop, il trouve qu’il a trop de biens, il parle trop. Lorsqu’il adopte un de ces comportements, il a honte de lui-même, car il se sent humilié par les regards ou remarques des autres. C’est pourquoi il a très peur de se retrouver sans limites, car il est convaincu qu’il ferait des choses honteuses, que ce soit au plan sexuel ou social, au niveau des achats, des sorties, etc. De plus, il croit que s’il s’occupe surtout de lui, il ne sera plus utile aux autres. Cela vient réveiller l’humiliation vécue plus jeune lorsqu’il osait refuser de prendre les autres en charge. C’est pourquoi il y a beaucoup d’énergie bloquée dans le corps du masochiste. S’il arrivait à se permettre, sans honte ou sans culpabilité, d’être libre comme il en a besoin, son corps amincirait, car il débloquerait son énergie. La plus grande peur du masochiste est donc la liberté. Il est convaincu qu’il ne saurait pas gérer le fait d’être libre à sa guise. Il s’arrange donc inconsciemment pour ne pas l’être et, la plupart du temps, c’est lui qui le décide. Il pense qu’en choisissant par lui-même, il ne sera pas contrôlé par les autres, mais ses décisions lui amènent souvent le résultat contraire, donc encore plus de contraintes et d’obligations.

En voulant s’occuper de tous ceux qu’il aime, il croit assurer sa liberté, car c’est lui qui contrôle mais, en réalité, il s’emprisonne

Voici quelques exemples : 

• Monsieur se croit libre d’avoir autant de compagnes qu’il veut et se crée du même coup plein de problèmes reliés à la gestion de son temps pour parvenir à les voir toutes et à s’assurer que chacune d’elles ne connaisse pas l’existence des autres. 

• Monsieur se sent en prison à la maison avec son épouse contrôlante. Il se trouve deux ou trois emplois supplémentaires le soir pour y échapper. Il se croit libre mais, en réalité, il n’a plus de liberté pour s’amuser et pour prendre du temps avec son enfant.

Madame demeure seule et, pour être libre, achète sa propre maison. Elle n’a plus de temps libre pour elle, car elle se retrouve seule avec tous les travaux à faire. Ce que le masochiste fait pour se libérer dans un domaine l’emprisonne dans un autre. En plus, il se crée plein de situations dans son quotidien qui l’obligent à faire des choses qui ne répondent pas à ses besoins.

COMMENT AGIT LA BLESSURE SUR LE PLAN MENTAL?

La croyance mise en exergue par cette blessure est de croire en la souffrance, « si je souffre, j’existe », « si je suis malade, j’existe ».

La personne croit qu’elle n’a pas sa place. En reconnaissant que l’on est important, on atténue cette blessure.

Elle croit qu’elle est responsable des autres et de leur souffrance. Elle arrive à se convaincre que tout ce qu’elle fait pour les autres lui procure du plaisir et elle croit avec ferveur qu’elle est dans l’écoute de ses besoins. Elle se prive ainsi de sa liberté d’Être.

COMMENT SUBLIMER LA BLESSURE D’HUMILIATION?

Lorsque la blessure  est rejouée: l’adulte porte en lui un sentiment perpétuel d’infériorité

Lorsqu’elle est refoulée: il développera un complexe de supériorité qui cachera un immense vide

Lorsqu’elle est sublimée: la personne sera le sauveur des personnes humiliées

Une personne aventurière, qui a de l’audace. Elle connaît ses besoins ET elle les respecte. Cette capacité lui permet de voir et de comprendre les besoins des autres et de les respecter. Elle peut les aider. Une fois la blessure découverte, elle conscientisera cette notion de liberté et elle sera capable de l’appliquer à tous ! Elle pourra apporter son aide de médiatrice puisqu’elle comprend les besoins, le respect et la liberté. Elle possède des talents hors paire d’organisatrice, on peut lui faire confiance. Ouvrons nos ailes !

D’un point de vue du caractère, c’est une personne joviale, serviable, généreuse, elle met les autres à l’aise. C’est un vrai bonheur / plaisir d’être en sa compagnie.

COMMENT APAISER LA BLESSURE D’HUMILIATION?

Bien sûr l’hypnose va aider à prendre conscience et à libérer l’inconscient des schémas répétitifs

Mais il y a aussi un travail personnel à faire de votre côté:

Tout d’abord reconnaître puis accepter notre blessure

c’est l’élément déclencheur pour mettre en marche la guérison. Et, il se peut que la vie s’en charge s’en qu’il y ait une notion de « volonté de notre part ».

La blessure d’humiliation est en train de guérir (ou est guérie si on se rend compte que nous agissons ainsi dans notre passé) lorsque nous prenons le temps de regarder nos besoins à nous en PREMIER et ensuite de dire oui aux autres. Prendre du recul ici, c’est se poser cette question, de quoi ai-je besoin ou envie? Se faire plaisir avant l’autre, parce que la personne la plus importante dans notre vie c’est nous-m’aime ! Du coup, on en prend moins sur notre dos, et vous devinez quoi… On se sent plus libre. YESSS !

Donc, on arrête de se limiter. Et on va être capable de demander sans croire que nous dérangeons l’autre.

L’avantage de guérir de ces blessures est que nous devenons autonome. Plus de dépendance affective !

Si après avoir lu ce texte, tu t’ai reconnu.e ou si tu te sens pret.e à prendre la responsabilité de ta vie et de tes émotions et que tu as besoin d’aide, tu peux me contacter pour prendre un RDV

AU PLAISIR DE T’ACCOMPAGNER

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